18/9/2006
: Propriétaires défavorisés?
Selon l’UNPI, les rapports locatifs sont déséquilibrés
au détriment des bailleurs… D’où
la pénurie actuelle de logements.
"Il manque 500.000 logements à loyer accessible
en France et nous pouvons en proposer 400.000 tout de suite
si l’on suit nos propositions", a expliqué
mercredi Jean Perrin, le président de l'Union nationale
de la propriété immobilière (UNPI),
en détaillant son Livre Blanc, recueil de propositions
visant à "rééquilibrer" les
rapports locatifs et rassurer les bailleurs. Car même
si les loyers impayés sont rares (1,2% en 2002, source
Insee), c’est bien cette préoccupation qui
freine leur ardeur à louer : "si le bailleur
est sûr de voir ses loyers payés et de pouvoir
récupérer facilement son bien, il sera plus
souple pour consentir un bail", prévient l’UNPI.
La politique du donnant-donnant
Les propositions de l’UNPI sont simples : donner au
locataire plus de liberté et lui retirer certaines
sécurités. Quelques exemples :
- Sélection du locataire : pour encourager la mise
en location, "il faut revenir à davantage de
liberté des contrats (...), laissant au propriétaire
la faculté de louer ou non suivant les renseignements
et garanties qui peuvent lui être fournis". Quitte
à encourager les discriminations ? L’UNPI,
farouche adversaire du "testing", se garde bien
d’évoquer le sujet.
- Congé : 3 mois pour quitter son logement, c’est
trop long ? "Il serait sans doute préférable
de fixer ce délai à un mois (…) et permettre
au bailleur de donner congé sans motif, avec un délai
de préavis long, de 9 mois par exemple". Et
le Livre Blanc d’aller plus loin, prônant la
fin du renouvellement automatique de bail…
- Charges locatives : dans l’idée de l’UNPI,
les consommables (eau, gaz, électricité, chauffage)
seraient payés directement par le locataire et l’entretien
des équipements serait compris dans un forfait. Mais
quid de la transparence de ce forfait ?
- Dépôt de garantie : ce thème empoisonne
les rapports locatifs, reconnaît l’UNPI (voir
l'article "Quand les bailleurs abusent des clauses
locatives"). "Les locataires se plaignent de ne
pouvoir le récupérer rapidement, les bailleurs
redoutent que les locataires ne paient pas les deux derniers
mois de loyer". La solution ? Une restitution dans
les 8 jours, à condition que le bailleur puisse pratiquer
des forfaits de charge et recourir à une grille de
travaux et de vétusté permettant d’évaluer
les petites réparations. Mais n’est-ce pas
déjà le rôle de l’état
des lieux ? Et si les 2 mois de délai ne sont pas
respectés, pourquoi les 8 jours le seraient ?
- Expulsion : l’UNPI, qui n’a pas la solution
miracle, reconnaît que "la situation des expulsions,
drame humain pour le locataire, échec pour le bailleur,
est profondément insatisfaisante. Elle nécessite
une refonte. Il convient de renoncer aux expulsions sans
relogement, et assurer une garantie aux bailleurs".
L’UNPI prêche pour sa paroisse
Au passage, l’UNPI n’oublie pas de souligner
une fiscalité immobilière trop lourde et trop
complexe pour les propriétaires, et réclame
pêle-mêle la diminution des impôts locaux,
la suppression de l’ISF et de la taxe sur les logements
vacants…
Au gouvernement d’instaurer une garantie des risque
locatifs tripartite (Etat, bailleurs, locataires), et d’améliorer
les contributions des aides au logement ainsi que les conditions
d’attribution des logements publics. Sur ce point,
l’UNPI suggère de remettre en cause le droit
au maintien dans les lieux des personnes qui ne respectent
plus les conditions d’accès à ce parc,
locataires disposant de ressources excédant les plafonds
ou vivant dans un logement "trop grand" (sic)
eu égard au nombre effectif d’occupants.
En période électorale, tenir un discours
aussi "iconoclaste" risque de lui faire perdre
toute audience. D’autant que l’UNPI est coutumière
du fait : en mars dernier, elle avait déjà
proposé l’instauration d’un bail locatif
avec période d’essai de 2 ans (voir l'article
"Bientôt le logement à l'essai").
, provoquant un tollé et son abandon, tout comme
le CPE…
Source
: Capital
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